BILAN RENAL : LE B.A.BA

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5 à 10% des Français souffriraient de maladies rénales pouvant conduire à une insuffisance rénale. Or ces maladies sont souvent difficiles à identifier dans leurs premiers stades. Les symptômes peuvent en effet être facilement confondus avec de la fatigue ou de la rétention d’eau. D’où la nécessité de prescrire un bilan rénal au moindre doute.

 Les maladies rénales chroniques affectent le fonctionnement des reins, qui ne filtrent plus correctement le sang de l’organisme. 50% de ces maladies sont liées au diabète ou à l’hypertension artérielle. La prévention et le dépistage régulier permettent une prise en charge précoce et adaptée.

LA FONCTION RÉNALE

Les reins filtrent le sang pour en éliminer les déchets issus du métabolisme, tels que l’urée ou la créatinine. Ils maintiennent au niveau requis la quantité d’eau dans l’organisme, ainsi que la concentration en sels minéraux comme le phosphore, le potassium ou le sodium. Enfin, ils produisent les enzymes, vitamines et hormones permettant notamment la fixation du calcium, la régulation de la pression artérielle et la fabrication des globules rouges (1)

(1) Lire notre article sur les globules rouges https://www.lab2u.fr/les-globules-rouges/

De simples analyses de laboratoire permettent de vérifier la capacité d’élimination et d’épuration des reins et de détecter ainsi d’éventuels dommages à un stade précoce, pour prévenir le risque d’une plus grande dégradation.

LE BILAN RÉNAL

Le bilan rénal est établi à partir d’une prise de sang et d’un recueil d’urines. Il regroupe plusieurs analyses.

La créatininémie : dosage de la créatinine dans le sang. La créatinine est un déchet provenant de la dégradation de la créatine, après qu’elle ait été utilisée par les muscles pour produire de l’énergie. Elle est transportée par le sang, filtrée par les reins et éliminée dans les urines. Le taux de créatinine dépend de la masse musculaire, ce qui explique des valeurs de références différentes pour les femmes et les hommes. La créatininémie varie généralement entre 6 et 12 mg/l (milligrammes par litre) chez l’homme et entre 4 et 10 mg/l chez la femme.

 La clairance de la créatinine : mesure du rapport entre le débit d’élimination de la créatinine par les reins (à travers l’urine) et sa concentration dans le sang. C’est une mesure plus précise que la seule créatininémie pour évaluer le fonctionnement des reins car elle permet d’évaluer la vitesse de filtration des reins. La clairance de la créatinine est habituellement comprise entre 107 et 139 ml/min (millilitres par minutes) chez l’homme de moins de 40 ans, et entre 87 et 107 ml/min chez la femme de moins de 40 ans.

L’urémie : dosage de l’urée dans le sang. L’urée provient du processus de dégradation des protéines. C’est une combinaison de l’azote des protéines et de molécules produites par le foie. Le dosage de l’urée seule dans le sang ne suffit pas à établir un diagnostic car la quantité d’urée produite chaque jour varie en fonction de l’alimentation (2). Elle est donc toujours associée à d’autres analyses. L’urémie est normalement comprise entre 35 et 70 mg/l.

(2) Lire notre article sur l’acide urique https://www.lab2u.fr/goutte-et-acide-urique/

Le dosage des protéines dans les urines : cette analyse peut être effectuée rapidement grâce à une bandelette urinaire. Cependant, pour connaître précisément la nature et la concentration de chaque protéine (principalement l’albumine), une protéinurie sur 24h est souvent prescrite. Les urines d’une personne en bonne santé ne contiennent qu’une très faible quantité de protéines : moins de 50 mg/L par 24 h. En cas de dysfonctionnement, les reins, qui ne laissent habituellement passer que des éléments de taille réduite, laissent passer de plus gros éléments, comme les protéines, qui se retrouvent alors dans les urines.

La natrémie : dosage du sodium dans le sang. Le sodium est indispensable pour le maintien de l’équilibre hydrique de l’organisme (quantité d’eau nécessaire au bon fonctionnement du corps). Le sodium provient principalement de l’alimentation et est ensuite filtré par les reins. Les valeurs normales de la natrémie sont comprises entre 135 et 145 mmol/L.

La kaliémie : dosage du potassium dans le sang. Le potassium permet le fonctionnement des nerfs et des muscles. Il joue donc un rôle essentiel dans les mouvements du corps, ainsi que dans le fonctionnement du cœur. Le taux de potassium dans le sang étant régulé par les reins, une maladie rénale peut provoquer un dérèglement de ce taux dans le sang. La kaliémie varie généralement entre 3,5 et 5 mmol/L.

 Précision : toutes ces valeurs sont données à titre indicatif et peuvent être légèrement différentes en fonction du laboratoire, de l’âge, du poids et de la taille du patient ou de la prise de certains traitements médicamenteux. Ces analyses peuvent être éventuellement complétées par une échographie des reins.

 PRÉSERVER SA FONCTION RÉNALE

 L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) craint une augmentation de la prévalence de la maladie rénale chronique de 17 % dans les 10 ans à venir. Or, même si les maladies rénales sont souvent silencieuses, leur apparition et leur évolution peuvent être ralenties, voire évitées, grâce à des médicaments et des règles hygiéno-diététiques simples :

  • Limiter la consommation de sel (donc les aliments transformés) pour éviter l’hypertension artérielle
  • Limiter les sucres rapides, qui peuvent être à l’origine du diabète
  • Manger équilibré avec des fruits et légumes frais
  • Boire régulièrement et en quantité suffisante
  • Avoir une activité physique régulière
  • Ne pas fumer
  • Éviter l’automédication avec des médicaments anti-inflammatoires, y compris l’ibuprofène.

SOURCES

INSERM : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/insuffisance-renale

 

 

 

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