GROSSESSE ET PRISES DE SANG

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Vous n’en êtes pas certaine, mais vous pensez être enceinte. Quelle analyse faire pour en avoir confirmation et surtout quels sont les examens qui vont vous être prescrits par votre médecin pour sécuriser votre grossesse ?

Dosage de l’hCG 

Face à un examen clinique évoquant une grossesse, le médecin peut vous prescrire une prise de sang pour un dosage de l’hCG, prise de sang qui est remboursée. L’hCG est dite « hormone de grossesse » car elle est secrétée par le futur embryon dès le moment où il se fixe dans la paroi de l’utérus. Durant les premières semaines de grossesse, le taux d’hCG va doubler toutes les 48 heures, pour atteindre son maximum vers la dixième semaine d’aménorrhée (10 SA ou 12 semaines de grossesse). Il diminue ensuite rapidement pour atteindre un plateau entre 16 et 32 SA.

Le dosage de l’hCG donne deux indications : la confirmation ou non d’une grossesse et la progression de la grossesse en fonction de l’évolution quantitative du taux :

  • Pas de grossesse : < 5 mUI/ml
  • 1ère semaine : 10 à 30 mUI/ml
  • 2ème semaine : 30 à 100 mUI/ml
  • 3ème semaine : 100 à 1 000 mIU/ml
  • 4ème semaine = 1 000 à 10 000 mUI/ml
  • 2ème et 3ème mois : 10 000 à 30 000 mUI/ml

Le dosage de l’hCG ne permet pas de dater de façon fiable la grossesse. C’est la première échographie, réalisée à 12 SA, qui va donner cette indication.

Une fois votre grossesse confirmée, il va vous falloir planifier votre première consultation gynécologique prénatale et ce, avant la 10 SA.

Cette consultation comporte un examen clinique et un interrogatoire sur vos antécédents médicaux. Le médecin va également vous expliquer l’organisation du suivi de votre grossesse, les examens à programmer, les dates importantes (échographies, accouchement…). A l’issue de cette consultation, il va vous prescrire un bilan sanguin prénatal.

Détermination du groupe sanguin

Cette analyse est obligatoire s’il s’agit de votre première grossesse ou si votre carte de groupe sanguin ne comporte pas 2 déterminations, c’est à dire une confirmation par 2 prises de sang différentes.

Pourquoi est-ce important ? Parce qu’il faut absolument savoir si vous êtes de rhésus négatif (Rh-). En effet, si c’est le cas et que le papa est de rhésus positif (Rh+), le bébé peut être également Rh+ et se trouver en danger.

Recherche d’Agglutinines irrégulières (RAI)

Les Agglutinines sont des anticorps, c’est-à-dire des molécules produites par le système immunitaire pour détecter des agents étrangers. Les agglutinines « irrégulières » sont anormales.

L’analyse sanguine consiste à mettre votre sang en contact avec un éventail d’antigènes contre lesquels des agglutinines irrégulières peuvent se former. Si vous possédez des agglutinines irrégulières, elles réagiront en présence de ces cellules.

Ces agglutinines irrégulières sont potentiellement dangereuses en cas de grossesse.

Par exemple : vous êtes Rh-, le papa est Rh+ ainsi que votre futur bébé. Lors de votre première grossesse, le sang du bébé n’entre pas en contact avec le vôtre, donc il n’y a pas de problème. En revanche, lors de l’accouchement, vos deux sangs vont entrer en contact et vous allez immédiatement commencer à produire des anticorps anti Rh+.

Lors d’une seconde grossesse, si le bébé est de nouveau Rh+, vos anticorps développés lors du premier accouchement risquent d’attaquer ses globules rouges et de provoquer une fausse-couche ou une maladie hémolytique du nouveau-né.

Pour prévenir cette complication, il suffit, lors de chaque accouchement, d’injecter à la mère un sérum anti Rhésus (ou anti D), qui va détruire les quelques globules rouges du bébé qui sont passés dans la circulation maternelle et empêcher ainsi la réaction immunitaire et le développement d’agglutinines ou anticorps.

Dépistage de la syphilis ou TPHA-VDLR

La survenue d’une syphilis en cours de grossesse peut être responsable de complications tant pour la femme enceinte que pour le bébé.

Si le résultat de l’analyse est positif, un traitement à base de pénicilline permet d’éviter les conséquences sur le fœtus.

Dépistage de la rubéole et de la toxoplasmose  

La survenue de la rubéole ou de la toxoplasmose pendant la grossesse, notamment pendant le premier trimestre, peut être grave. Ces maladies sont en effet respectivement responsables de malformations fœtales ou de lésions du système nerveux central du fœtus.

La recherche d’anticorps contre ces maladies permet, à partir d’un prélèvement sanguin, de savoir si vous les avez déjà contractées dans le passé ou récemment, et si vous êtes immunisée, ou encore si vous ne les avez jamais contractées. A savoir qu’il existe un vaccin contre la rubéole depuis 1970, rendu obligatoire depuis 2018 pour tous les enfants de moins de 18 mois.

En cas d’absence d’immunité, il faut contrôler chaque mois jusqu’à 18 SA la présence éventuelle d’anticorps, qui signeraient la présence de la maladie.

 

D’autres prises de sang sont proposées systématiquement. Elles ne sont pas obligatoires mais fortement recommandées :

  • dépistage du SIDA : Voir notre article sur le sujet

https://www.lab2u.fr/sida-et-depistage-du-vih/ 

  • dosage du taux de la protéine PAPP-A et de l’hormone hCG entre 8 et 14 SA. Cette prise de sang permet d’évaluer le risque de trisomie 21. Si le dosage est supérieur ou égal à 1/250, selon l’âge de la mère et le résultat de la première échographie (entre 11 et 13 SA + 6 jours), une amniocentèse – prélèvement du liquide amniotique à travers la paroi abdominale – vous sera proposée pour s’assurer que le bébé n’est pas porteur de cette anomalie génétique.

Par la suite, d’autres examens sanguins seront notamment prescrits au cours de la grossesse :

  • dépistage de l’hépatite B, au 6ème mois de grossesse. Voir notre article sur le sujet du dépistage des hépatites.

https://www.lab2u.fr/depistage-des-hepatites/

  • hémogramme pour rechercher une anémie au 6ème mois de grossesse.

 

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