GOUTTE ET ACIDE URIQUE

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Vous souffrez de vives douleurs sur une ou plusieurs articulations pendant la nuit ? D’une sensation de froid ? Votre gros orteil est rouge et enflé ? Il s’agit probablement d’une crise de goutte ! Zoom sur cette maladie qui traverse les siècles et fait toujours autant souffrir.

Qu’est-ce que la goutte ?

En France, la goutte affecte 0,9% de la population, soit environ 600 000 personnes. C’est un rhumatisme inflammatoire dû à un taux anormalement élevé d’acide urique dans le sang. L’acide urique est un déchet normalement produit par le corps humain. Il provient de la destruction physiologique permanente des protéines d’origine externe (alimentation) ou d’origine interne (cellules et leur ADN). Cet acide urique se dissout dans le sang et rejoint les reins pour être éliminé dans les urines. Cependant, lorsqu’il est produit en trop grande quantité par l’organisme ou en cas déficit d’élimination par les reins, il s’accumule sur les articulations sous la forme de cristaux (urate monosodique). Les globules blancs du système immunitaire, en voulant détruire ces cristaux, déclenchent alors une inflammation. Les articulations situées aux extrémités des membres sont les plus sensibles, notamment parce qu’elles sont plus froides, ce qui favorise la transformation de l’acide urique liquide en cristaux d’acide urique. La goutte touche le plus souvent le gros orteil, qui devient violacé et enflé, ou les articulations du pied, de la main, du coude ou du genou. Une crise de goutte dure généralement quelques jours.

 Quelles sont les causes de la goutte ?

La goutte est essentiellement due à :

  • des excès alimentaires, surtout de protéines issues d’abats, de viandes blanches et rouges, de poisson et de fruits de mer, mais également de sodas sucrés
  • l’abus d’alcool, surtout la bière, car l’éthanol augmente la production d’acide urique
  • du stress, qui épuise les substances antioxydantes de l’organisme, précipitant ainsi la destruction des cellules.

Les personnes à risque sont principalement :

  • les hommes, surtout à partir de 40 ans, car leur taux d’acide urique sanguin est naturellement plus élevé que celui des femmes
  • les femmes ménopausées, car les oestrogènes, qui diminuent avec l’âge, favorisent l’élimination de l’acide urique par les reins
  • les personnes souffrant d’une maladie des reins, ou d’obésité avec ses complications (hypertension artérlelle, diabète, …)
  • les personnes ayant une susceptibilité génétique à cause un problème métabolique héréditaire.

Comment diagnostiquer la goutte ?

Il n’y a pas de goutte sans un taux trop élevé d’acide urique dans le sang. En cas de doute, votre médecin va demander une prise de sang pour obtenir un dosage du taux d’urée ou uricémie. Cette valeur est normalement comprise entre 35 et 70 mg/litre. Au-delà, on parle d’hyperuricémie. Mais seule 1 personne sur 10 ayant trop d’acide urique dans le sang deviendra “goutteuse“. L’analyse de sang peut être complétée d’un examen radiologique, qui, en cas de goutte chronique, permet de mettre en évidence une destruction articulaire progressive.

Comment soigner la goutte ?

Le traitement de la crise de goutte combine :

  • la mise au repos de l’articulation touchée
  • des mesures contre la douleur : vessie de glace sur l’articulation associée à de la colchicine (s’il n’existe pas de contre-indications) et/ou anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou encore corticoïdes.

Dans certains cas, il faut faire baisser le taux d’acide urique dans le sang au-dessous de 60mg/l, grâce à un traitement hypouricémiant soit pour faire diminuer la production d’acide urique, soit pour faire augmenter son élimination rénale. La goutte est une maladie curable, mais cela sous-entend une modification des habitudes alimentaires, une diminution de la consommation d’alcool ou, le cas échéant, une prise en charge de l’obésité et de ses complications. L’éducation thérapeutique a donc un rôle fondamental pour aider le goutteux à comprendre sa maladie et l’intérêt des actions à mettre en place.

Le saviez-vous ?

La goutte a longtemps été qualifiée de “maladie des rois ou des riches“ car liée aux plaisirs de la table. On l’appelait également “podagre“, du grec podos (pied) et agra (prise), c’est à dire la douleur “qui prend par le pied“. Le terme podagre est d’ailleurs encore utilisé en médecine, quand le gros orteil est touché.

Sources

 AFLAR – Association Française de Lutte Anti-Rhumatismale : http://www.aflar.org/la-goutte-un-rhumatisme-inflammatoire

CHU de Toulouse : https://www.chu-toulouse.fr/-la-goutte

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