SIDA : où en est-on ?

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1er décembre : Journée mondiale de la lutte contre le SIDA.
D’après les derniers chiffres disponibles, ce sont 37,9 millions de personnes qui vivent avec le VIH dans le monde, dont 1,7 millions infectées par le virus au cours de la seule année 2018. Le VIH reste donc un problème majeur de santé publique, avec plus de 32 millions de décès depuis le début de l’épidémie. Heureusement, grâce aux moyens mis en œuvre tant au niveau du dépistage que des traitements, l’infection VIH est en passe de devenir une maladie “chronique“.
Point sur la situation.

Le dépistage

En France, plus de 170 000 personnes vivent avec le VIH, mais entre 20 000 et 30 000 ignorent leur séropositivité, d’où l’absolue nécessité d’intensifier et de mieux cibler le dépistage. Pour rappel(1) il existe 3 options pour se faire dépister :

  • L’analyse en laboratoire à partir d’une prise de sang, qui est remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie sur prescription médicale. Cette analyse est gratuite dans les Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD).
  • Le TROD VIH – Test Rapide d’Orientation Diagnostique – à partir d’une goutte de sang prélevée au bout du doigt ou d’un fluide secrété par le tissu gingival (gencives). Il peut être proposé gratuitement dans certaines associations de lutte contre le VIH habilitées par les ARS (Agences Régionales de Santé) et dans les CeGIDD, grâce au financement de l’Assurance Maladie.
  • Les autotests de dépistage à partir d’une goutte de sang ou de fluide sécrété par le tissu gingival, utilisables par toute personne souhaitant se dépister seule à domicile. Le prélèvement et l’interprétation sont effectués par l’intéressé. Ces autotests ne sont ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie. Certaines associations de lutte contre le VIH habilitées par les ARS peuvent, dans certains cas, remettre gratuitement ces autotests aux personnes éloignées du système de santé grâce au financement de l’Assurance Maladie.

Le TROD et l’auto-dépistage ne peuvent permettre seuls un diagnostic positif définitif. Ils doivent donc être confirmés ou infirmés via une prise de sang et une analyse en laboratoire. Ainsi, 5,6 millions de sérologies VIH ont été réalisées en 2017 par les laboratoires de biologie médicale, soit une augmentation de l’activité de dépistage de 12% entre 2010 et 2017.

Cependant, près d’un tiers des diagnostics de séropositivité sont trop tardifs. On déplore en effet que près d’un tiers des personnes diagnostiquées en 2017 l’aient été à un stade avancé de l’infection.

Face à ce constat, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande d’augmenter la fréquence du dépistage chez les populations les plus à risque :

  • tous les 3 mois chez les hommes homosexuels ou bisexuels
  • tous les ans chez les usagers de drogues injectables
  • tous les ans chez les personnes originaires d’Afrique subsaharienne et des Caraïbes

et de faire le test au moins une fois au cours de la vie entre 15 et 70 ans.

Lire notre article : https://www.lab2u.fr/sida-et-depistage-du-vih/

Les traitements

Le traitement antirétroviral TAR – ou TasP (Treatment as Prevention)

En 2018, 23,3 millions de personnes dans le monde vivant avec le VIH ont pu bénéficier du traitement antirétroviral – ou trithérapie car il s’agit combinaison de trois molécules antirétrovirales – soit une augmentation de 7,7 millions par rapport à 2010. S’il est pris régulièrement, le traitement rend la charge virale indétectable dans le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. Le virus ne peut donc plus être transmis au partenaire sexuel.

Cependant, si ces nouveaux traitements permettent de prolonger l’espérance et la qualité de vie, ils peuvent également provoquer des complications, des effets indésirables et des conditions de vie difficiles.

Le traitement post-exposition – TPE

En cas d’accident d’exposition professionnelle (piqûre avec une seringue), d’exposition sexuelle (rapport non protégé ou rupture de préservatif), le traitement antirétroviral empêche une personne séronégative d’être contaminée, avec une efficacité supérieure à 90%. A condition de le prendre le plus rapidement possible après l’exposition au virus et au plus tard 48 heures après. Le traitement doit être poursuivi pendant au moins un mois.

Le traitement avant une prise de risque ou prophylaxie pré-exposition – PrEP

Ce traitement s’adresse aux personnes qui ne sont pas infectées par le VIH et qui sont à haut risque de le contracter : les personnes ayant des partenaires sexuels multiples, les usagers de drogues intraveineuses avec partage de seringues, les personnes originaires de région à forte prévalence. Au 30 juin 2019, plus de 20 000 personnes en France avaient initié un traitement pour une PrEP. Le traitement doit être commencé avant l’exposition au VIH. Prescrit par un médecin spécialisé dans les services hospitaliers en charge du VIH et dans les CeGIDD, il est accessible à tous et remboursé à 100%. Le médecin traitant peut ensuite prendre le relais pour le suivi (tous les 3 mois) et le renouvellement de l’ordonnance. Il va devoir prescrire des bilans sanguins pour surveiller la tolérance au traitement et dépister d’éventuelles maladies sexuellement transmissible (MST). La PrEP combine deux antirétroviraux et peut être prise, soit en continu tous les jours (un comprimé par jour), soit “à la demande“ (deux comprimés entre 2 heures et 24 heures avant le rapport sexuel et un comprimé par jour les deux jours suivants). Si la posologie est respectée, le traitement est très efficace, comme en témoignent certaines études.

Les perspectives 

La probabilité de disposer rapidement d’un vaccin suffisamment efficace pour prévenir l’infection par le VIH chez les personnes séronégatives est hélas relativement faible. Même si la recherche est très active, la mise au point d’un vaccin nécessite beaucoup de temps, de la phase d’essais cliniques à la mise sur le marché.

Par contre, les progrès déjà réalisés en matière de prévention, de dépistage, d’accès aux soins et de traitement permettent d’espérer de pouvoir un jour contrôler l’épidémie.

 

SOURCES

ONU SIDA – Chiffres de juin 2019 : www.unaids.org/fr/resources/fact-sheet

OMS – Organisation Mondiale de la Santé : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/hiv-aids https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/hiv-aids

SANTÉ PUBLIQUE France : https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2019/nouvelles-donnees-de-surveillance-du-vih-en-france

CRIPS : https://www.lecrips-idf.net/ressources/documents/2/8932,Brochure-VIH2019.pdf

AMELI : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/vih/depistage

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