LE MOUSTIQUE TIGRE, VECTEUR DE MALADIES

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Le moustique-tigre – ou Aedes albopictus – est devenu l’ennemi n°1 dans certaines régions du monde. Ses rayures noires et blanches sur le corps et les pattes le rendent aisément reconnaissable, ainsi que son activité diurne. Mieux vaut l’éviter car il peut être “vecteur“ de maladies potentiellement dangereuses.

 Une maladie est dite vectorielle quand elle est transmise par un “vecteur“, comme le moustique-tigre. En piquant une personne ou un animal infecté, l’insecte ingère les parasites, virus ou bactéries contenus dans le sang de sa victime. Alors contaminé, il va les transmettre à son tour lors de la piqûre suivante.

Quelles sont les maladies vectorielles transmises par le moustique-tigre ? Le moustique-tigre peut véhiculer des virus comme ceux du Chikungunya, du Zika et de la Dengue.

Ces maladies vectorielles étaient jusqu’alors limitées à certaines régions du monde : Océan Indien, Réunion, Antilles, Guyane et Asie du Sud-est en particulier. A l’heure de la mondialisation, elles ont tendance à s’étendre à de nouvelles zones, y compris à la France métropolitaine. En effet, fin 2018, le moustique-tigre était implanté durablement dans 51 départements de métropole ! Rassurez-vous, ces maladies y sont très rares.

LE CHIKUNGUNYA

Le chikungunya est une maladie virale infectieuse, dont la durée d’incubation varie de 2 à 12 jours après la piqûre. Les symptômes sont variés et l’infection peut passer inaperçue dans certains cas :

  • Fièvre élevée d’apparition brutale (supérieure à 38°5)
  • Courbatures et douleurs articulaires (arthralgies) obligeant à se tenir voûté(e)
  • Maux de tête, nausées, fatigue
  • Eruptions cutanées, de type taches rouges ou boutons légèrement en relief, au niveau du tronc et des membres
  • Saignements au niveau des gencives ou du nez
  • Conjonctivite (inflammation au niveau des yeux)

Le dépistage repose sur un test sanguin sérologique visant à rechercher dans le sérum (l’un des composants du sang) des anticorps présents dès le 4ème ou le 5ème jour. Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement, si ce n’est symptomatique, comme la prise d’antalgiques/antipyrétiques, pour diminuer la douleur ou faire baisser la fièvre. L’évolution spontanée de la maladie est le plus souvent favorable : les douleurs des articulations disparaissent en quelques jours ou quelques semaines et les complications graves sont rares. Cependant dans 20% des cas, le Chikungunya peut évoluer vers une forme chronique, avec une fatigue prolongée et/ou la persistance de douleurs articulaires pendant des mois, voire des années. Le Chikungunya n’est pas contagieux de personne à personne, sauf en cas de transfusion sanguine.

Le saviez-vous ?  “Chikungunya” signifie “homme courbé” dans la langue africaine makondée.

LE ZIKA

On estime que 70 à 80% des atteintes à virus Zika sont asymptomatiques et passent totalement inaperçues. Si symptômes il y a, ils apparaissent 3 à 12 jours après la piqûre et sont la plupart du temps bénins :

  • Syndrome grippal (fièvre, maux de tête, courbatures)
  • Conjonctivite avec douleurs oculaires et yeux rouges
  • Œdème des mains et des pieds
  • Eruption cutanée

Le dépistage se fait en isolant le virus dans un prélèvement sanguin ou urinaire pour détecter la présence de gènes du virus. Après la phase aiguë de la maladie, il est également possible de rechercher des anticorps spécifiques contre le virus Zika par sérologie. Le traitement repose sur la prise d’antalgiques/antipyrétiques. Il est important de bien boire pour assurer une bonne hydratation. La prise d’anti-inflammatoires et d’aspirine est contre-indiquée. Les symptômes de la maladie à virus Zika disparaissent en 2 à 7 jours. Une faiblesse peut cependant persister chez certaines personnes. Le virus donne exceptionnellement des complications graves lorsqu’il atteint les muscles respiratoires. Il nécessite alors une hospitalisation. La personne infectée n’est pas contagieuse pour un autre être humain (sauf probablement par voie sexuelle), par contre elle peut contaminer un autre moustique si elle est à nouveau piquée.

Cas particulier des femmes enceintes :

 Si la mère est contaminée par le virus, le fœtus risque de développer une microcéphalie (diminution importante de la taille de la tête), associée à un développement cérébral anormal.

En France, lorsque le virus Zika est dépisté chez une femme enceinte, il est recommandé de pratiquer une échographique tous les mois, de préférence dans un centre de diagnostic anténatal. L’amniocentèse n’est pas systématique. À la naissance, le virus et/ou des anticorps spécifiques sont recherchés dans le sang du cordon, les urines et le placenta.

Lorsque l’échographie montre des anomalies chez le fœtus, la mère doit être prise en charge par un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal pour déterminer la cause des malformations (qui peuvent avoir d’autres origines, infectieuses ou non) et évaluer les risques pour l’enfant à naître.

LA DENGUE

Voir notre article précédent :
https://www.lab2u.fr/la-dengue/

SOURCES

Ministère des Solidarités et de la Santé : https://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/risques-microbiologiques-physiques-et-chimiques/especes-nuisibles-et-parasites/moustiques

AMELI : https://www.ameli.fr/hauts-de-seine/assure/sante/themes/piqure-moustique-maladies/maladies-virales-moustiques

 

 

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